FSP : L'année 2007 tire à sa fin, l'occasion de faire le bilan. Quels jalons ont été posés ?
W. Widmer : Lors de l'AD 2007, nous avons pris congé de Tobias Winzeler, Ruedi Hauser et Urs Zeller, trois personnalités de premier rang qui ont rendu des services inestimables à la fédération et qui ont été nommées membres honoraires à juste titre. Les compétences qu'ils ont emportées ont pu être compensée dans une mesure appréciable par une solution transitoire. Autrement dit, dans le domaine opérationnel tout fonctionne. Dans des domaines plus pointus tels que la protection des animaux, l'ordonnance sur l'approvisionnement en électricité et l'ordonnance sur l'énergie, les restrictions en matière d'importation de poissons, je citerais comme moments forts les auditions par la Conférence gouvernementale des cantons alpins et par la CEATE du Conseil des Etats, à propos de l'initiative « Eaux vivantes ».
Que signaler du côté plutôt négatif ?
En premier lieu, l'histoire déplorable des oiseaux piscivores. Malgré l'immense travail de Martin Peter, le responsable du ressort, nous n'avons pas avancé d'un iota. Mais il y a un élément réjouissant, c'est l'institution d'une commission consultative des prédateurs.
Le 1er janvier marquera le début d'une année commémorative, puisque l'organisation faîtière de la pêche aura 125 ans en 2008. Que signifie cet anniversaire pour la fédération et pour son président ?
Ces dernières années, la FSP a gagné en crédit et en respect en sa qualité d'organisation environnementale. J'en veux pour preuve sa présence dans les médias et les nombreuses questions de journalistes auxquels je dois expliquer notre position sur des questions d'actualité. Le 125e anniversaire sera l'occasion de faire connaître nos positions et nos postulats à un large public. Les ruisseaux et les rivières doivent de nouveau pouvoir couler librement. Chaque goutte d'eau ne peut pas être utilisée pour la production d'énergie. Ceux qui sont à l'origine du problème devraient garantir des débits résiduels suffisants et éviter les dégâts que provoquent les effets d'éclusées! Comme président je me réjouis évidemment de la cérémonie d'anniversaire, le 17 mai, à Interlaken. Ce sera pour moi la chance d'étendre le réseau de nos contacts à des organisations et à des individus importants, pour donner encore plus de poids à notre fédération et à ses objectifs!
Quels sont vos objectifs pour 2008?
L'objet principal sera la discussion parlementaire sur notre initiative. Pour la question des prédateurs, il est grand temps de trouver des solutions acceptables. Sinon, il faudra inévitablement se retirer du plan de mesures estival sur le cormoran. Autre objet de mon cahier des charges pour l'année à venir : réaliser le mandat du Comité central (CC) de conclure la réforme des structures avant l'AD de 2009. Je voudrais déjà tirer au clair à la prochaine assemblée des délégués - à titre de décision préalable - la question de savoir si l'AD, en tant qu'organe suprême de la fédération, doit être remplacée à ce titre par le CC. Et à part tout cela, il faudra vouer beaucoup de temps et d'attention à des questions de personnel. N'oublions pas que des mutations importantes sont prévues au sein du Comité directeur pour 2009 qui marquera la fin de la période administrative. Une des tâches les plus importantes du président est de préparer soigneusement le passage de témoin.
Les fédérations cantonales perdent de plus en plus de membres, surtout en raison de la diminution des poissons capturés. D'autres organisations, comme le Tessin et le Valais, n'ont toujours pas adhéré à la fédération suisse. Sans membres, pas d'argent dans la caisse centrale. Que faire pour éviter l'érosion des effectifs ?
Je suis peiné de constater que certains pêcheurs ou pêcheuses renoncent à leur affiliation parce qu'ils ne capturent plus ce qu'ils prenaient autrefois. Et pourtant, c'est de solidarité dont on a besoin maintenant. Sinon, il faudra renoncer à crier haut et fort que nous avons toujours été d'abord des protecteurs des eaux et des milieux aquatiques, pour pouvoir les exploiter ensuite. J'ai longuement discuté avec les Tessinois et les Valaisans pour les convaincre du bien-fondé d'une adhésion. Ils reconnaissent que notre travail est efficace, mais les 7 francs de contribution de membre leur font mal au ventre. Comme quoi on ne sort pas de la logique vicieuse du profit et par conséquent de la quantité de poissons capturés.
En tant que président de l'association « Oui aux Eaux Vivantes », vous êtes engagé dans l'examen de l'initiative de la FSP par le Parlement. Où en sommes-nous ?
La situation est bonne. Les auditions mentionnées ont porté des fruits. Sinon la commission du Conseil des Etats aurait, comme le Conseil fédéral, rejeté l'initiative sans aucun compromis. Or un contre-projet indirect à l'initiative sera élaboré. A ce jour, nous n'en connaissons que le titre et les sous-titres. Je me réjouis d'en découvrir la substance.