L'initiative populaire que les radicaux zurichois, mais surtout leur ancienne présidente la conseillère nationale Doris Fiala, ont voulu à tout prix malgré une forte opposition dans les rangs du parti suisse, ne mérite que d'être sanctionnée par un NON vigoureux ! Si elle était acceptée, cette initiative entraverait fortement l'application de la législation sur la protection des eaux et sur l'environnement en général. Même la Neue Zürcher Zeitung qui est d'ordinaire sur la ligne du PRD s'est fendue d'un commentaire rédactionnel contre sa propre clientèle. « Le droit sur l'environnement n'a de bon que s'il peut être appliqué. Lorsque les intérêts des exploitants sont à l'opposé des intérêts des protecteurs, ceux-ci risquent évidemment de passer régulièrement à la trappe » constatait le quotidien tout en rappelant que le Parlement avait déjà décidé l'an passé de restreindre le droit de recours à certains égards. «Il faudrait donc attendre les effets de cette révision avant d'examiner s'il est nécessaire de procéder à d'autres aménagements » concluait la NZZ.
Vent contraire pour la frondeuse
Dans les rangs du PRD, un vent froid souffle aussi contre Doris Fiala. Quelques douzaines de conseillers d'Etat, de conseillers nationaux et de sénateurs, en fonction ou retirés, se sont prononcés publiquement, par voie d'annonces, contre l'initiative. Tel est le cas de John Dupraz (GE), ancien conseiller national et ami pêcheur, ainsi que de nombreux autres radicaux notoires dont les anciens chefs de l'Union patronale suisse et d'economiesuisse. Ce qui a immédiatement fait dire à Mme Fiala qu'il s'agissait «d'une démarche pour se profiler », comportement qu'elle a par ailleurs qualifié «d'antidémocratique ». Ce reproche sorti de la bouche de la dame belliqueuse paraît pour le moins ridicule si l'on se rappelle son attitude le 31 octobre lors de l'émission Arena de la TV suisse alémanique. Elle ressemblait à un cheval qui s'est emballé, et ne s'en prenait pas seulement à l'animateur mais aussi à ses contradicteurs, les acculant et leur coupant sans cesse la parole.
La campagne de votation a démontré que Mme Fiala n'avait pas encore fini de régler son compte à l'Association Transports et Environnement ATE zurichoise concernant la construction d'un stade. L'initiative rencontre des appuis dans d'autres régions du pays où il existe des enjeux comparables, par exemple dans le Bas-Valais à propos de l'utilisation immodérée de canons à neige, ou d'un projet vraiment minimal de renaturation du Rhône canalisé à la faveur duquel aucun plant de tomates ni abricotier ne devrait être « sacrifié ».
Le 30 novembre, nous aurons donc la possibilité de réserver - pour l'exemple - un enterrement de première classe à cette initiative populaire. Le Comité directeur de la FSP invite chaque pêcheuse et chaque pêcheur à déposer un NON dans l'urne. Finalement, il y va de nos cours d'eau et de leurs habitants.