Lors de l'assemblée générale 2008, les délégués des organisations nationales membres de l'Alliance européenne des pêcheurs à la ligne ont pris connaissance avec satisfaction du succès que le lobbying du secrétaire général de l'EAA Jan Kappel a enregistré à la centrale de l'UE à Bruxelles. Grâce à ses efforts et à l'appui de l'eurodéputé allemand Heinz Kindermann (SPD), il a été possible - comme on le sait - de faire adopter par le Parlement européen, le 4 décembre dernier, un plan européen de gestion des cormorans.
Le modèle suisse
Ce résultat n'était pas encore connu lors de l'assemblée générale ordinaire de l'organisation faîtière des pêcheurs européens à la ligne. La seule chose à être claire était que la Commission de la pêche du Parlement européen présidée par le Dr Kindermann, vétérinaire, ferait tout pour que des mesures énergiques soient prises contre la prolifération des cormorans. Selon le rapport de Martin Peter, vice-président de la FSP, ce sont surtout les organisations faîtières d'Allemagne et des Pays-Bas, pays hôte, qui ont oeuvré dans les coulisses du lobbying, financièrement parlant aussi. Notre responsable du secteur Protection des espèces, si souvent critiqué, a éprouvé un brin de plaisir en apprenant que le plan de mesures cormoran et pêche de notre pays avait tenu lieu de modèle au projet européen. Mais ce que Martin Peter estime particulièrement important est de savoir qui présidera le groupe de travail chargé de concrétiser la décision du Parlement européen. L'EAA y sera représentée par Franz Kohl (Autriche).
Cours d'eau alpins et petites centrales hydroélectriques
Les groupes de travail « River » (rivière) et « Sea » (mer) institués par l'EAA il y a une année ont présenté leur rapport. Particulièrement intéressante selon Martin Peter est a mise en place d'un groupe de travail « Alpine Water Task Force » appelé à se pencher sur les problèmes spécifiques liés aux cours d'eau des régions alpines. En feront partie des représentants de la Suisse, de l'Allemagne et de l'Autriche. La collaboration avec la Communauté de travail pêche des pays alpins (ArgeFA) est planifiée.
L'EAA s'occupe aussi du dossier des petites centrales hydroélectriques.
Quelques Etats dont l'Allemagne s'efforcent d'optimiser les grandes centrales, alors qu'en Slovénie, en Autriche, en Norvège et en Suède les gouvernements envisagent de promouvoir l'exploitation des petites centrales hydroélectriques. « C'est d'autant plus ridicule que la construction de telles centrales n'est pas conforme à la Directive cadre de l'UE dans le domaine de l'eau » constate Martin Peter. C'est probablement aux tribunaux qu'il appartiendra de décider à quelles conditions ces petites centrales pourraient être construites. Il y a unanimité à l'EAA pour considérer que les petites centrales hydroélectriques ne sont ni économiques ni écologiques.
Les finances sont équilibrées
Et pour une fois le rapport sur les finances de l'EAA est positif lui aussi. A la fin de 2007, les comptes présentaient un petit bénéfice d'environ 3'900 euros dû principalement à la contribution de l'Association européenne des fabricants et grossistes de matériel de pêche (European Fishing Tackle Trade Association EFTTA). Même si entretemps les fédérations nationales de France, d'Italie et de Tchéquie ont réintégré les rangs de l'EAA, l'augmentation de la cotisation de membre sera inévitable à moyen terme.
La cotisation annuelle à 40 euros!
L'hôte de l'assemblée générale était l'association Sportvisseri des Pays-Bas. Et voici ce qu'en dit Martin Peter: «Cette association est très importante puisque sur mandat du gouvernement elle gère les questions halieutiques en Hollande et s'occupe des sociétés qui lui sont affiliées. Elle a sa propre émission de pêche à la télévision officielle et publie les trois magazines Visblad, Visionair et VisTV. La pêche côtière et la pêche hauturière sont gratuites, alors que la pêche intérieure est payante. Les droits de pêche sont réservés aux propriétaires fonciers. Les sociétés de pêche peuvent affermer des cours d'eau et les mettre à disposition de leurs membres moyennant un permis de pêche (...). En Hollande les pêcheurs et les pêcheuses à la ligne sont au nombre de quelque 2 mio, dont 1,1 mio d'hommes (...). Environ 1,5 mio d'entre eux pêchent dans les rivières et les lacs, 0,65 mio sur la côte ou en haute mer. Le poids socio-économique de la pêche se chiffre à 800 mio d'euros et est donc significatif. La cotisation annuelle de membre s'élève à 40 euros ce qui permet d'engager le personnel nécessaire. » Martin Peter termine son rapport en relevant que l'association occupe 45 collaborateurs et collaboratrices et qu'elle peut compter sur le travail bénévole de 1'200 gardes-pêche. (Faute de place, ce rapport n'a pas pu être publié avant. ndr).